Bergers des Shetland des Rives de l'Andlau
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Un grand merci à mon amie Valérie pour ce récit de la naissance des bébés de Dyrianna et Stan, écrit à vif, avec tout son coeur... Et merci à Steph pour le beau montage ci-dessous.

J’avais émis un jour le souhait d’assister à une naissance de chiots et en avais fait part à Véronique et Philippe. Ils me proposèrent gentiment d’assister à la naissance des bébés de Queenly en avril dernier. Malheureusement et à mon grand regret, cela n’a pu se faire du fait d’un emploi du temps trop chargé et d’une mauvaise gestion de planning.

Puis, il y a quelques semaines, Véronique me téléphone pour me dire que Dyrianna serait la prochaine future maman et que si je le souhaitais, je pourrais assister à la naissance de la première portée de la demoiselle. Quelle jolie surprise pour moi ! Dyrianna a toujours été spéciale pour moi : au premier regard je suis tombée sous son charme et encore aujourd’hui, je suis incapable d’expliquer pourquoi elle m’a littéralement charmée. Elle est un peu mienne et Véronique le sait. Elle est pour moi un petit trésor bien spécial. Alors, lorsque Véronique m'a demandé si je voulais assister à la première naissance des bébés de Dyrianna, ma réponse ne pouvait être que positive et cette fois-ci je serais là, pas question de rater cela !

Les jours passent, je suis la grossesse de Dyrianna par l’intermédiaire de Véronique. Elle me donne toutes les évolutions de la miss, sa transformation en petit "bibendum". Après une dernière visite chez le vétérinaire, Véronique m’appelle pour me dire le nombre de bébés de la portée… sur le moment je n’y croyais pas : Dyrianna porte six bébés ! Wowww, elle qui est si menue va nous faire six bébés, c’est assez incroyable.
L’impatience grandit au fur et à mesure que le temps passe, je suis au téléphone avec Véronique de plus en plus souvent à l’approche de la date fatidique. Je m’organise pour être disponible lorsque viendra le grand moment… Je préviens mon bureau de ma future et possible absence, m’organise à la maison pour faire garder les enfants… enfin je fais en sorte que je puisse être là. Comme je l’ai dit, pour moi, il est hors de question que je rate ce moment là.

Mardi 5 octobre au soir, Véronique m’annonce que la température de Dyrianna a chuté et que le moment tant attendu se rapproche de plus en plus. Maintenant, il ne me reste plus qu’à attendre, attendre encore et encore et être patiente... Moi qui suis d’une grande patience d’ordinaire, j’avoue que là, j’ai eu bien du mal ! La nuit de mardi à mercredi, je n’ai dormi que d’un œil, le téléphone portable à proximité au cas où Véronique appellerait pour me dire de venir.

Mercredi matin au réveil, je me jette sur mon téléphone… Zut alors, rien… J’avais peur d’avoir raté le sms mais non, rien. La journée passe et toujours rien ! Je rentre le soir à la maison, la nuit va être encore longue et cette nuit encore je ne dormirai que d’un œil.

Jeudi 7 octobre 2010, il est 5h06 du matin, mon téléphone fait bip bip, c’est un sms ! Moi qui d’habitude ai le sommeil lourd, qui n’entend absolument rien, là ce petit bip bip je l’ai bien entendu. C’est Véronique qui me dit : "Elle vient de perdre les eaux !" Ca y est, le grand moment est là… En un rien de temps je suis dans ma voiture direction "Les Rives de l’Andlau"…

Après une demi heure de route dans le brouillard, j’arrive chez Véronique et Philippe. Il est 6h05, Philippe m’ouvre la porte et me dit de me dépêcher car le premier est en route… Euh, hein, quoi ? Pas le temps de penser, de réfléchir que déjà faut y aller ! Je le vois, il arrive, premier Bébé arrive mais pas dans le bon sens… Bébé 1 est là, mais ne respire pas. Véronique et Philippe se démènent de longues minutes pour faire revenir à lui cette petite crevette, réchauffage, frictions… Rien n’y fait… Cette première petite boule de poil s’en est allé rejoindre nos anciens. Aie, coup dur pour moi, ma gorge se serre, un nœud au ventre, mais je dois être forte et ne pas perdre pied… D’autres vont arriver et il me faut être de marbre.

Dyrianna poursuit doucement son travail, trop doucement malheureusement : ses contractions sont bien là mais faibles, voir même trop faibles. Après de longues minutes, Bébé 2 est en route, on voit la poche de liquide, mais pas le chiot lui-même. C’est alors que je comprends en voyant le regard de Philippe et de Véronique que cela se passe mal. Véronique appelle le vétérinaire et sans perdre une minute nous partons pour une heure de route, direction la clinique, en urgence. Je panique, car à cette heure de la journée, il y a des bouchons tout le long de la route… Je n’espère qu’une seule chose à ce moment là, c’est que le vent tourne et que tout aille pour le mieux. Un peu perdue, je ne sais plus quoi faire, ni quoi dire ! Dyrianna est-elle en danger ? Y a t-il un risque pour les autres bébés ? Je ne pose aucune question par peur des réponses. J’accompagne Véronique chez le vétérinaire.

La route est longue, très longue, trop longue... Je veille sur Dyrianna, quelques contractions faibles mais rien, Bébé 2 ne veut pas sortir. Je crains le pire, j’ai peur de l’issue… mais je reste positive et garde confiance, enfin j’essaye. Un silence lourd s’installe dans la voiture, nous restons toutes les deux silencieuses. Nous arrivons sur le parking du vétérinaire. Dyrianna se lève et expulse la deuxième poche, Véronique intervient immédiatement mais malheureusement Bébé 2 est allé rejoindre son grand frère. Elle n’a malheureusement pas réussi à survivre. Là, moi je commence à perdre un peu pied, je ne sais plus quoi penser, quoi dire, c’est confus dans ma tête. Une naissance est pour moi, un moment plein de joie, de bonheur, du moins dans les livres… et là tout tourne de travers… C’est douloureux.

Le vétérinaire nous attend, quel va être son diagnostic ? J’ai peur mais ne montre pas mes sentiments et mes émotions à Véronique, elle n’en a pas besoin, je dois être là pour la soutenir car je vois bien qu’elle perd pied, que la douleur est plus forte, ce que d’ailleurs je comprends tout a fait. Dyrianna doit subir une césarienne et nous espérons pouvoir sauver l’un ou l’autre des bébés. Dur d’entendre cela mais le plus important est que Dyrianna s’en sorte, c’est l’unique préoccupation de Véronique en ce moment et la mienne aussi.

Le vétérinaire emmène Dyrianna en salle d’opération et nous demande de patienter dans la salle d’attente. Les minutes sont longues et silencieuses, jusqu’au moment ou nous entendons de la salle du vétérinaire une espèce de cri ressemblant à un miaulement bizarre. Véronique et moi on se regarde : "C’est quoi ça, un chat ? Il miaule bizarrement !" Au même moment, la porte s’ouvre... Roulement de tambour, enfin presque… Je crois plutôt que les battements de nos cœurs étaient tellement forts qu’on aurait facilement pu les confondre avec des battements de tambour.

L’assistante du vétérinaire sort de la salle, dans ses mains une serviette blanche, de laquelle s’échappe ces drôles de piaillements. Nous nous approchons et nous découvrons, un puis deux, puis trois petites boules de poils fauves. Elle nous dit de suite que Dyrianna va bien… Un ouf de soulagement ! Par contre, malheureusement, la dernière petite crevette, bien trop faible et bien trop petite n’a pas survécu, elle aussi est allée rejoindre son grand frère et sa grande sœur... Mes yeux se troublent, la tension vient de tomber d’un seul coup. Je regarde tendrement ces trois petites perles fauve et je me dis : "Quelle sacré journée !" Elle a débuté difficilement mais se termine bien, heureusement.

Les trois petites boules de poils fauve piaillent de plus en plus fort, ils ont faim, mais Maman n’est pas encore capable de subvenir à leurs besoins, elle est encore à moitié endormie. Il faudra encore attendre de longues minutes avant de pouvoir donner à ses petits de quoi se restaurer et avant de redonner à la maman ses bébés.
Après de longues minutes d’attente, de surveillance, d’observation, le vétérinaire nous donne le feu vert pour ramener tout ce petit monde à la maison. Le retour me semble bien moins long que l’aller. Les bébés crient encore et encore, ils ont faim… Et nous, nous avons le sourire en les entendant crier ainsi. La vie a repris le dessus.

Arrivée à la maison de toute la nouvelle petite famille. Véronique se dépêche de mettre en place la lampe pour que les petits n’aient pas froid, installe un petit nid douillet pour Dyrianna et ses bébés. Voilà, maintenant on se relâche, du moins moi, car pour Véronique le travail ne fait que commencer car les petits ne tètent pas tous seuls, elle doit encore les aider et il faut absolument qu’ils mangent ces petits râleurs… Moi je suis obligée d’aller travailler. Il est midi passé et on m’attend au bureau. Je laisse donc Dyrianna et ses bébés aux bons soins de Véronique qui me donnera des nouvelles dans l’après midi et dans les jours qui viennent.

Je grimpe dans ma voiture, et, sur le chemin du bureau, je craque, les larmes coulent à flot, la tension retombe. Je suis partagée entre une grande tristesse et un sentiment de grand bonheur. Un sentiment de grande tristesse car je ne peux m’empêcher de penser que nous aurions pu perdre ma douce et belle Dyrianna, une grande tristesse car je pense également aux trois petites merveilles qui s'en sont allés bien trop tôt à mon goût. Mais un grand bonheur, parce que Dyrianna nous a donné trois merveilleux petits râleurs, d’une grande beauté, un grand bonheur car malgré la douleur, ce moment reste et restera pour moi, un moment magique, une naissance, une nouvelle vie qui commence, un moment inoubliable et un moment de grande tendresse lorsque l’on regarde Dyrianna regarder ses bébés d’un œil encore bien curieux et interrogateur.

Merci à vous deux de m’avoir permis d’être là, de pouvoir vivre ce moment indescriptible, sacrée première pour Dyrianna, mais belle première pour moi… Maintenant, il va falloir que je suive de près l’évolution de ces petites canailles et j'espère pouvoir les suivre encore longtemps.

Aujourd’hui, j’ai compris une chose : c’est chouette d’être éleveur, d’avoir toujours beaucoup de chiens autour de soi. Il faut bien du courage pour vivre des moments aussi durs, du courage pour prendre certaines décisions. Rester fort dans la douleur, parce que perdre une petite boule de poils, c’est toujours un moment tragique, car on s’attache à ces petits, même s’ils ne sont pas encore réellement là. Du courage, de la volonté, beaucoup de tendresse pour ceux qui s’en vont trop vite mais aussi et surtout pour ceux qui restent. Je me suis imaginée à la place de Véronique, mettant ma Délowanne à la place de Dyrianna, et moi j’aurais craqué bien avant, j’aurais été morte de trouille, pétrifiée à l’idée que quelque chose puisse m’enlever ma petite princesse. Je vous tire mon chapeau, c’est beau et pas de tout repos ni physiquement, ni moralement. Bravo !

Bienvenue aux trois moustiques de Ma Belle Dyrianna, vous êtes comme votre maman, devenus très spéciaux pour moi !